Pendant longtemps, les éleveurs
entraîneurs ont été soumis à différents régimes
d'imposition.
Tout dépendait de la nature de
l'activité exercée :
O
les activités
d'élevage étaient imposées au régime des bénéfices agricoles
(BA).
O
celles
d'entraînement au régime des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) ou des
bénéfices non commerciaux (BNC)
Cette complexité a été supprimée
par la loi de finances 2004 qui a procédé à un élargissement du champ
d'application de la catégorie des bénéfices agricoles.
A compter du 1er
janvier 2004, les revenus qui proviennent des activités de préparation et
d'entraînement des équidés domestiques, à l'exclusion de ceux provenant des
activités du spectacle sont soumis au régime des bénéfices agricoles (art 63 du
CGI).
Ø Les activités
concernées
Avec cet élargissement de la
notion d'activité agricole dans le secteur hippique, seront désormais
considérées comme des activités agricoles :
¨ S'agissant de l'exploitation des
chevaux de course :
- Entraînement, préparation et prise en pension d'équidés
exemple : Pré débourrage et dressage
- Les gains de course (il est à noter que les gains de concours hippiques
ne sont pas soumis à la TVA).
¨ S'agissant des centres équestres
:
- Enseignement de l'équitation
- Prise en pension de chevaux
- Location de chevaux à des fins de promenade ou de
randonnées.
- Dressage (débourrage notamment) et entraînement de chevaux dans la
perspective de leur engagement dans les courses hippiques.
- Préparation des chevaux en vu notamment de concours de saut
d'obstacle
- Ventes de fumiers.
Par contre, les activités liées au
spectacle, les activités commerciales (hébergement et restauration des cavaliers
notamment) et l'enseignement de l'équitation hors exploitation d'un centre
équestre (professeurs d'équitation) conservent leur régime fiscal actuel (BIC ou
BNC).
A noter : Sur le plan juridique et
social, cet élargissement est prévu par l'article 10 de la loi sur la
diversification des territoires ruraux qui devrait être adoptée prochainement
par le Parlement. Après parution des textes, des choix concernant le statut
juridique de l'entreprise devront être effectués, notamment pour ceux qui
avaient des activités agricoles et équestres, sous forme
sociétaire.
Ø Conséquences pour le
contribuable
Ces nouveaux exploitants agricoles
vont pouvoir bénéficier de certains avantages.
En matière de fiscalité agricole
:
- Bénéfice de la déduction pour investissement, et de la déduction
pour aléa.
- Mécanisme de lissage des revenus : moyenne triennale et
quotient.
- Imputation des déficits sur le revenu global si le total des
autres revenus nets du foyer fiscal n'excède pas
53 360 €.
- Abattement de 50 % sur le bénéfice des jeunes
agriculteurs.
S'agissant des autres impôts
directs
- A partir de 2005 : exonération totale de taxe
professionnelle, et de taxe foncière sur le bâti au titre des locaux
servant à l'exploitation agricole (= granges, écuries…).
S'agissant de la TVA
:
La TVA sera facturée au taux
de 5,5 % à
partir du 01/01/2004. En effet, toutes les activités équestres, qui relevaient
du régime général relèvent dorénavant du régime de TVA agricole et bénéficient
donc du taux réduit de TVA à 5,5 %.
Les redevables devenant
exploitants agricoles devront faire connaître aux impôts les options qu'ils
entendent exercer dans le cadre de ce nouveau régime. Ainsi, dans la mesure où
la moyenne de leurs recettes réalisées au titre de 2002 et 2003 dans le cadre du
régime général, serait inférieure au seuil de 46 000 €, ils devront
opter pour le régime simplifié agricole avant le 5 novembre 2004 pour
rester dans le champ d'application de la TVA. A défaut, ils retourneront au
remboursement forfaitaire.
Il en est de même pour les
exploitants dont l'activité a débuté en 2003 et ce quel que soit le montant des
recettes réalisées en 2003.
S'agissant des modalités de
passage du régime TVA général au régime agricole, elles ont fait l'objet d'une
instruction qui envisage plusieurs hypothèses.
Ainsi, un exploitant assujetti à
la TVA au régime général, (régime simplifié) qui relève à compter du 01/01/2004
du régime simplifié agricole (RSA) est dispensé de toute régularisation de TVA.
Toutefois, un acompte est exigé à compter du troisième trimestre, et doit
être adressé à la recette des impôts avant le 5/11/2004.
- Enfin, en matière d'imposition
des résultats, nous attendons toujours des précisions pour effectuer le
transfert du bilan BIC au bilan bénéfice agricole des biens inscrits jusqu'au
31/12/2003.
Ø En résumé
:
|
|
|
A
compter du 1er janvier 2004 |
|
Statut
de l'entreprise |
|
Régime
d'imposition
du
revenu |
CONSEQUENCES
:
- TVA régime agricole à 5,5
%
- Exonération de taxe
professionnelle.
- Exonération de taxe foncière sur le
bâti. |
|
Société commerciale : SA,
SARL, EURL… |
] |
- Vous êtes imposé à l'impôt sur les
Sociétés : aucun changement.
- Vous êtes une SARL de famille ou
une EURL à l'impôt sur le revenu : vous devenez imposé aux Bénéfices
Agricoles selon un régime réel d'imposition. |
OUI |
|
Exploitation individuelle
exploitant, des équidés |
] |
Vous devenez imposé aux
Bénéfices Agricoles selon un régime réel
d'imposition. |
OUI
Ainsi, si vous êtes exonéré
de TVA sur l'enseignement car vous enseignez seul, votre activité
d'enseignement devient obligatoirement assujettie à la TVA à 5,5 %,
même si vous n'avez pas de salarié dès lors que vous exploitez des
équidés. |
|
Enseignant
indépendant |
] |
Vous restez imposé aux BNC
dans la mesure où vous enseignez sans équidés. |
NON
Vous conservez votre
exonération de TVA sur l'enseignement si vous enseignez seul et que vous
êtes rémunéré directement par vos élèves. |
|
Association régie par la loi
de 1901 et à but lucratif |
] |
- L'association reste imposée à
l'Impôt sur les Sociétés. |
OUI |
|
NB : Si l'association est
non lucrative, elle bénéficie d'une exonération d'impôts (sur le revenu,
TVA). |
|