Jusqu’à présent, les entreprises agricoles ne pouvaient pas
modifier la date de clôture de leur exercice librement. Seuls les exploitants
agricoles effectuant une reconversion d’activité par suite d’un changement très
important de production ou ceux qui avaient clôturés à une même date les cinq
exercices précédents, pouvaient modifier la date de clôture de leur
exercice.
Désormais, la loi de finances rectificative pour 2006 permet aux
exploitants agricoles, soumis à un régime de bénéfice réel, de modifier
librement leur date de clôture, quels qu’en soient les motifs. La mise en œuvre
de cette réforme conduit à s’interroger sur le formalisme à respecter dans le
cadre des sociétés civiles d’exploitation agricole.
D’un point de vue fiscal, aucune formalité particulière n’est prescrite
par la législation fiscale pour procéder à un tel changement, qui semble
correspondre à une simple décision de gestion. On peut cependant noter qu’une
modification rétroactive de la date de clôture qui conduirait à reporter
(ou à avancer) une clôture déjà intervenue ne devrait pas être considérée comme
opposable à l’administration fiscale.
Un exercice pourra s’étendre sur une période de plus ou de moins de 12
mois. L’imposition sera alors établie d’après les résultats déclarés par les
exploitants agricoles au titre de cet exercice. Il est toutefois rappelé que si
aucun bilan n’est clos au titre d’une année, une déclaration provisoire au 31
décembre devra être déposée.
D’un point de vue juridique et concernant le formalisme propre aux
sociétés civiles, certaines règles sont à
respecter.
Pour les sociétés, dont la date de clôture figure dans les statuts, la
modification de cette dernière impose une modification statutaire qui consistera
à introduire une nouvelle date dans les statuts.
Cette modification statutaire relève de la compétence de l’assemblée
générale des associés et doit faire l’objet d’un dépôt d’acte auprès du greffe
du tribunal de commerce.
Il est également fortement conseillé de faire enregistrer cette décision
des associés afin de conférer date certaine à la décision collective et de la
rendre opposable à l’administration fiscale. L’enregistrement est requis en
droit fixe des actes innomés (soit 125 €).
Quant aux formalités de publicités, aucune modalité n’est imposée aux
sociétés civiles qu’il s’agisse d’annonces légales (JAL), des mentions à porter
au registre du commerce et des sociétés (RCS) ou de la publicité au
BODACC.