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  3/10/2004
  Comment analyser son bilan ?


Les deux grands axes d'analyse de la santé économique d'une exploitation sont la rentabilité et la solvabilité. Nous allons nous intéresser à l'analyse du bilan.
Par le bilan on peut vérifier dans quelle mesure la situation financière est saine et si l'outil de production est convenablement financé. En un mot l'exploitation est-elle solide, solvable et comment évolue-t-elle dans le temps ?



Le bilan, la photographie de votre exploitation

Pour mieux comprendre les équilibres fondamentaux du bilan, aidons-nous du schéma ci-joint ; tout ce que vous possédez est répertorié à l'actif (à gauche), ce que vous devez est au passif (à droite).


Les valeurs qui figurent à l'actif sont réparties en deux catégories : les immobilisations qui regroupent l'outil de production et l'actif circulant qui comprend les moyens mobilisés par le cycle de production. On y retrouve donc les stocks , les créances et l'argent en banque.


Le passif comprend l'ensemble des dettes (emprunt long et moyen terme, dettes fournisseurs et dettes financières à moins d'un an). L'actif et le passif étant égaux, la différence entre les deux constitue les capitaux propres qui figurent en haut du passif.


Cette ensemble forme la valeur comptable de votre exploitation. Mais celle-ci peut être éloignée de la valeur réelle (terrains, bâtiments et matériels entre autres). La séparation des actifs professionnel et privé ajoute quelques difficultés à cette évaluation patrimoniale. Mais nous disposons néanmoins d'éléments très précieux à analyser.


A partir du bilan, on peut calculer un nombre important de ratios dont certains sont plus pertinents que d'autres. Nous en retiendrons deux qui nous semblent les indicateurs clés de la solidité financière à court et à moyen terme.



Le taux d'endettement : le degre de dependance vis-a-vis des tiers

Le taux d'endettement figure parmi les principaux indicateurs de l'analyse financière.
Le pourcentage (dettes/total actif) reflète le degré de fragilité de l'entreprise à moyen terme. Autrement dit, l'importance des capitaux propres assure une certaine indépendance vis-à-vis des créanciers. Elle permet d'emprunter dans de meilleures conditions.

Si tout le monde s'accorde à dire que le taux d'endettement ne doit pas dépasser 50%, ce ratio doit être examiné en relation avec la date d'installation de l'agriculteur, le développement récent de l'exploitation, la forme juridique (il peut y avoir des emprunts hors bilan pour financer le capital social).

Si le taux d'endettement est élevé, voire très élevé (supérieur à 75 %), il est indispensable que celui-ci évolue à la baisse et retrouve un taux inférieur à 50%.

L'agriculture met en oeuvre des capitaux importants au regard de la rentabilité dégagée. C'est pourquoi, une exploitation ne doit pas rester endettée durablement car les frais financiers grèvent le revenu d'autant.
N'oublions pas que c'est ce même revenu qui contribue à accroître les capitaux propres.
Enfin dans l'examen de l'endettement, il ne faut pas oublier d'évaluer le poids des dettes à court terme c'est-à-dire à moins d'un an. Elles génèrent frais financiers et précarité.



Le fonds de roulement de votre exploitation

Les exploitations doivent disposer d'une capacité de trésorerie pour faire face aux échéances au fur et à mesure de leur arrivée. Cette capacité, plus ou moins suffisante selon les exploitations, se mesure par le fonds de roulement. Il est obtenu en faisant la différence entre les capitaux permanents et les immobilisations (voir schéma du bilan). C'est un révélateur de la santé financière de votre entreprise à court terme.

Le fonds de roulement doit être positif. Cela signifie que les moyens de financement doivent non seulement financer l'outil de production mais aussi l'actif circulant (stocks, avances en culture, créances et banque). Plus le fonds de roulement sera élevé, moins il sera nécessaire de faire appel au financement court terme (Crédits fournisseurs ou bancaires, découvert).

Le fonds de roulement optimum est variable selon le système de production. Plus les recettes sont espacées dans le temps, plus il sera nécessaire de disposer de cette avance de trésorerie pour couvrir les dépenses.


Ainsi, dans un système céréales et grandes cultures, où les dépenses sont engagées longtemps avant les recettes, le fonds de roulement doit couvrir 6 mois de charges soit 3.500 F à 4.000 F/ha. Il faut viser 5.000 F à 7.000 F/ha lorsque l'exploitation a une proportion élevée de cultures industrielles (plus de 25 % de betteraves et pommes de terre). En revanche dans les exploitations laitières, les recettes mensuelles de lait couvriront plus facilement les échéances qui arrivent. De ce fait, un fonds de roulement couvrant 3 mois de charges sera suffisant, soit environ 2.500 F/ha.

Surveiller son fonds de roulement c'est améliorer la rentabilité de son entreprise grâce aux petits " plus " qui s'additionnent (éviter les agios, profiter des escomptes et acheter en morte saison). De plus c'est très utile pour dialoguer avec votre banquier. Les conseillers de votre centre de gestion vous aideront à analyser votre propre bilan.

 


Auteur : Hervé VAESSEN

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