
Les deux grands axes d'analyse
de la santé économique d'une exploitation sont la rentabilité et la solvabilité.
Nous allons nous intéresser à l'analyse du bilan.
Par le bilan on peut
vérifier dans quelle mesure la situation financière est saine et si l'outil de
production est convenablement financé. En un mot l'exploitation est-elle solide,
solvable et comment évolue-t-elle dans le temps ?
Le bilan, la
photographie de votre exploitation
Pour mieux comprendre les
équilibres fondamentaux du bilan, aidons-nous du schéma ci-joint ; tout ce que
vous possédez est répertorié à l'actif (à gauche), ce que vous devez est au
passif (à droite).
Les valeurs qui figurent à l'actif sont réparties
en deux catégories : les immobilisations qui regroupent l'outil de production et
l'actif circulant qui comprend les moyens mobilisés par le cycle de production.
On y retrouve donc les stocks , les créances et l'argent en
banque.
Le passif comprend l'ensemble des dettes (emprunt long et
moyen terme, dettes fournisseurs et dettes financières à moins d'un an). L'actif
et le passif étant égaux, la différence entre les deux constitue les capitaux
propres qui figurent en haut du passif.
Cette ensemble forme la
valeur comptable de votre exploitation. Mais celle-ci peut être éloignée de la
valeur réelle (terrains, bâtiments et matériels entre autres). La séparation des
actifs professionnel et privé ajoute quelques difficultés à cette évaluation
patrimoniale. Mais nous disposons néanmoins d'éléments très précieux à
analyser.
A partir du bilan, on peut calculer un nombre important de
ratios dont certains sont plus pertinents que d'autres. Nous en retiendrons deux
qui nous semblent les indicateurs clés de la solidité financière à court et à
moyen terme.
Le taux
d'endettement : le degre de dependance vis-a-vis des tiers
Le taux d'endettement figure
parmi les principaux indicateurs de l'analyse financière.
Le pourcentage
(dettes/total actif) reflète le degré de fragilité de l'entreprise à moyen
terme. Autrement dit, l'importance des capitaux propres assure une certaine
indépendance vis-à-vis des créanciers. Elle permet d'emprunter dans de
meilleures conditions.
Si tout le monde s'accorde à dire que le taux
d'endettement ne doit pas dépasser 50%, ce ratio doit être examiné en relation
avec la date d'installation de l'agriculteur, le développement récent de
l'exploitation, la forme juridique (il peut y avoir des emprunts hors bilan pour
financer le capital social).
Si le taux d'endettement est élevé, voire
très élevé (supérieur à 75 %), il est indispensable que celui-ci évolue à la
baisse et retrouve un taux inférieur à 50%.
L'agriculture met en oeuvre
des capitaux importants au regard de la rentabilité dégagée. C'est pourquoi, une
exploitation ne doit pas rester endettée durablement car les frais financiers
grèvent le revenu d'autant.
N'oublions pas que c'est ce même revenu qui
contribue à accroître les capitaux propres.
Enfin dans l'examen de
l'endettement, il ne faut pas oublier d'évaluer le poids des dettes à court
terme c'est-à-dire à moins d'un an. Elles génèrent frais financiers et
précarité.
Le fonds de
roulement de votre exploitation
Les exploitations doivent
disposer d'une capacité de trésorerie pour faire face aux échéances au fur et à
mesure de leur arrivée. Cette capacité, plus ou moins suffisante selon les
exploitations, se mesure par le fonds de roulement. Il est obtenu en faisant la
différence entre les capitaux permanents et les immobilisations (voir schéma du
bilan). C'est un révélateur de la santé financière de votre entreprise à court
terme.
Le fonds de roulement doit être positif. Cela signifie que les
moyens de financement doivent non seulement financer l'outil de production mais
aussi l'actif circulant (stocks, avances en culture, créances et banque). Plus
le fonds de roulement sera élevé, moins il sera nécessaire de faire appel au
financement court terme (Crédits fournisseurs ou bancaires,
découvert).
Le fonds de roulement optimum est variable selon le système
de production. Plus les recettes sont espacées dans le temps, plus il sera
nécessaire de disposer de cette avance de trésorerie pour couvrir les
dépenses.
Ainsi, dans un système céréales et grandes cultures, où les
dépenses sont engagées longtemps avant les recettes, le fonds de roulement doit
couvrir 6 mois de charges soit 3.500 F à 4.000 F/ha. Il faut viser 5.000 F à
7.000 F/ha lorsque l'exploitation a une proportion élevée de cultures
industrielles (plus de 25 % de betteraves et pommes de terre). En revanche dans
les exploitations laitières, les recettes mensuelles de lait couvriront plus
facilement les échéances qui arrivent. De ce fait, un fonds de roulement
couvrant 3 mois de charges sera suffisant, soit environ 2.500
F/ha.
Surveiller son fonds de roulement c'est améliorer la rentabilité de
son entreprise grâce aux petits " plus " qui s'additionnent (éviter les agios,
profiter des escomptes et acheter en morte saison). De plus c'est très utile
pour dialoguer avec votre banquier. Les conseillers de votre centre de gestion
vous aideront à analyser votre propre bilan.