
Lorsque nous établissons une
étude prévisionnelle avec un exploitant, nous déterminons l'Excédent Brut
d'Exploitation qui est l'expression du " revenu disponible ". Ce dernier doit
faire face à trois nécessités : faire vivre la famille, rembourser les dettes et
développer l'entreprise. Pour connaître la capacité de l'entreprise à se
développer, il est important d'estimer les prélèvements
privés.
Combien faut-il pour vivre ?
Pour vivre, il faut un toit, se
nourrir, se soigner, s'habiller, se déplacer, se meubler, s 'équiper en
électroménager, se divertir, se cultiver, élever ses enfants.... Tout cela coûte
plus ou moins selon que l'on vit chez ses parents comme certains jeunes à
l'installation, que l'on a construit une maison, ou que l'on élève une famille
nombreuse en âge d'études supérieures...
A la question combien
faut-il pour vivre, on pourrait en ajouter une autre : comment vit-on ?µ
Le
jeune agriculteur célibataire logé chez ses parents, nourri par ses parents, et
de surcroît économe par nature, sortant peu, peut très bien vivre avec 30.000 F
à 40.000 F par an, voir moins.
On peut imaginer que la première charge
personnelle qu'il aura sera sa voiture, si ce n'est l'achat, il faudra payer
assurance, vignette, carburant, entretien... Or on sait qu'une voiture
selon le CREDOC coûte 30.000 à 40.000 F/an. La voiture constitue sans aucun
doute aujourd'hui un besoin de base.
Le logement vient
aussitôt après, qu'on soit en location ou en propriété. Il n'est pas rare de
trouver des remboursements de 3.000 à 4.000 F par mois pour l'habitation, et
pendant 12 à 15 ans.
Si la location revient moins chère en campagne, elle
n'est souvent que provisoire. C'est 1.000 à 2.000 F qu'il faut débourser par
mois sans compter les charges : chauffage, électricité, taxe
d'habitation...
Quand à l'alimentation, dépense courante à
laquelle on pense en premier, on sait qu'elle ne représente que 20 % du budget
de la ménagère contre beaucoup plus autrefois. L'autoconsommation de viande,
lait est portée en produit d'exploitation dans la comptabilité et en prélèvement
privé. Il faut ajouter aux sommes indiquées dans la comptabilité, les produits
du potager et verger familial... lorsqu'on a le temps et le plaisir de faire son
jardin !
Les dépenses de santé intègrent les complémentaires
maladie, chirurgie ..., la couverture sociale de base étant prise en charge par
la MSA. Il faut ajouter les dépenses d'hygiène et d'entretien de la
maison.
Les impôts sur le revenu sont aussi un prélèvement
privé.
Des besoins
variant avec l'âge
Si un Jeune
Agriculteur peut vivre avec peu, lorsqu'il va devenir indépendant, équiper son
foyer, faire construire, élever et scolariser ses enfants, ses besoins vont
croître assez vite. Les enfants en bas âge entraînent des dépenses " raisonnable
" si l'on déduit les aides diverses que sont les allocations familiales, mais
aussi les aides au logement. Mais lorsqu'ils entrent en étude supérieure, ils
ont besoin de transports, de logement, de financer des frais de
scolarité....
Après la scolarité des derniers enfants, les prélèvements
exceptionnels changent. La maison est en général remboursée, alors qu'elle est
vide dans certains cas ! Et si les enfants prennent peu à peu leur autonomie
avec leur premier emploi, les parents supportent encore parfois quelques
charges.
Les dépenses privées sont aussi bien prévisibles que les
investissements ou les charges d'exploitation. Pour établir une bonne prévision,
faire un retour en arrière sur 3 ou 4 ans, analyser le compte de l'exploitant
comme on analyse les autres comptes de l'exploitation, c'est à dire en
détaillant le plus possible, selon chaque rubrique, en commençant par celles les
mieux connues. On est souvent étonné de tout ce qu'on dépense. Mais rien de tel
pour faire une prévision que de s'appuyer sur les dépenses des années
passées.
La nature du besoin est le même pour toutes les familles, mais
la façon d'y répondre pour satisfaire les désirs de chacun peut induire des
charges plus ou moins élevées. L'écart dans les dépenses privée est énorme selon
le mode de vie de chacun. Enfin retenons que les dépenses varient avec l'âge de
l'exploitant et sa situation familiale