AGC, AUX ORDRES !
Donc, le Parlement l’a voté fin
décembre : les associations de gestion et de comptabilité (AGC) devront
s’acquitter « pour chacune de leurs implantations d’une contribution
annuelle calculée de manière identique aux cotisations professionnelles versées
par les membres de l’ordre ». Cette contribution au bénéfice de l’ordre des
experts comptables, s’ajoutent aux cotisations que les AGC versent déjà pour
leurs salariés inscrits au tableau ou à sa suite. Ces cotisations des AGC vont
être les bienvenues pour financer le siège flambant neuf du Conseil supérieur
dans le très chic 7ème arrondissement de
Paris.
Ainsi, tout se met en place pour une
assimilation des AGC dans une organisation conçue pour des professionnels
libéraux et gérée par eux.
Nous le redisons : oui à une
déontologie et à une réglementation de cette profession comptable, mais non à
une organisation ordinale qui se révèle incapable de tirer toutes les
conséquences de la reconnaissance d’un exercice associatif de cette profession.
La réforme, aujourd’hui achevée avec la transformation des derniers CGAH au
1er janvier 2010, s’est opérée à sens unique : en rien
l’institution ordinale n’a modifié quoi que soit de son organisation, toute
tendue dans sa volonté d’aligner les associations sur le mode libéral.
Deux acteurs majeurs ont permis une
telle issue. L’un est de la famille associative elle-même : CER France a
lâché la proie pour l’ombre en monnayant la cotisation des AGC contre une prise
de participation majoritaire dans les sociétés d’expertise comptable, au corps
défendant de CER qui ne souscrivent pas à ce marché de dupes. A vouloir jouer
sur deux tableaux, on arrive à vendre son âme ! Nous le regrettons et le
regretterons longtemps. L’autre acteur est le ministre et plus largement les
pouvoirs publics de ce pays. Le termes utilisés par le ministre lors du débat au
sénat le 18 décembre manquent pour le moins de considération à notre égard et
révèlent que le ministre n’a pas cherché à se soustraire de l’influence de
l’ordre des experts comptables, ses pairs dans une autre vie. Nous savons que le
monde de l’entreprise n’est pas bien représenté dans les Assemblées, que la
démocratie économique apparaît à notre élites comme une incongruité.
Rappelons tout de même que nous
n’aurons pas un mot à dire sur l’emploi de ces quelques 3 millions
d’Euros : ce sont des « contributions » d’associations qui ne
sont pas membres et n’ont pas droit de vote.
Oui vraiment, les AGC sont mises aux
ordres !
Philippe
DION
Président